Dans le cadre de mon travail de neuropsychologue, j’ai l’occasion d’évaluer un grand nombre d’adolescents et de jeunes adultes. Ainsi, Todd était étudiant de première année en probation académique dans une grande université, quand je l’ai examiné. Bien que les tests aient montré que Todd souffrait d’un léger déficit d’attention, la cause principale de ses faibles résultats scolaires semblait être (a) l’évitement du travail académique stressant et (b) la dépendance à la consommation de cannabis pour la gestion de l’anxiété et des symptômes dépressifs occasionnés par les devoirs inachevés, les cours manqués et les résultats décevants. Bien que Todd était à l’université, son cerveau était toujours celui d’un adolescent, c’est-à-dire un cerveau qui n’a pas encore atteint sa pleine maturité, celle-ci ne se stabilisant qu’entre le milieu de la vingtaine et le début de la trentaine.
Les cerveaux jeunes : des instruments puissants, mais délicats
Des études récentes ont mis en exergue la créativité et la puissance d’adaptation des cerveaux en rapide développement des adolescents. En effet, si l’on observe la créativité des jeunes artistes et musiciens, ainsi que les premiers exploits des mathématiciens et autres scientifiques dans le début de la vingtaine, on constate que les cerveaux jeunes ne sont pas juste « des chantiers inachevés ».
En même temps, car il est encore en cours de développement, le cerveau adolescent est plus vulnérable que le cerveau adulte aux effets des substances chimiques, comme les drogues et l’alcool, ou des hormones du stress. Les adolescents sont plus susceptibles au stress que les adultes, et les effets du stress chronique se gravent plus profondément dans la structure d’un cerveau en développement, le plus souvent avec des conséquences à long terme.
Il est donc inquiétant de constater que les adolescents actuels semblent faire face à des niveaux de stress sans précédent, avec la cohorte de problèmes mentaux qui y sont liés.
Le cercle vicieux du stress et du temps d’écran
Une étude comparative de Jean Twenge a mis au jour le fait que les adolescents et jeunes adultes sont actuellement cinq à huit fois plus susceptibles de déclarer des symptômes de dépression et d’anxiété que les jeunes gens durant le pic de la Grande Dépression, durant la Seconde Guerre mondiale, ou durant la Guerre froide!
De plus, une étude récente menée par l’American Psychological Association a montré que les adolescents affichent des niveaux de stress auparavant réservés aux adultes, qui seraient apparemment associés à diverses sources, comme le manque chronique de sommeil ou la pression académique accrue. L’usage de technologies constitue un facteur prépondérant de production de stress chez les adolescents contemporains « connectés 24 h sur 24, 7 jours sur 7 »; ce « temps d’écran » étant associé à un risque accru de problèmes de santé tant physique que mentale.
Les chercheurs appellent à plus de « temps déconnecté » durant lequel les jeunes peuvent « déstresser » et être plus avec eux-mêmes. Les enseignants aussi demandent des antidotes aux effets de l’usage ininterrompu des technologies, caractérisés par l’éparpillement de l’attention, l’incapacité de ralentir mentalement et l’abrutissement.
Les jeunes qui pratiquent la méditation ont, par exemple, un meilleur sommeil et ils parviennent à mieux se concentrer, se sentent plus heureux et tolèrent mieux les situations stressantes.
Un nombre grandissant d’adolescents et de jeunes adultes se tournent vers la méditation pour gérer leur stress ou pour travailler à leur croissance personnelle.
Todd a appris la MT peu de temps après avoir été évalué à mon cabinet (et avoir attendu les 15 jours nécessaires pour que toute marijuana résiduelle ait été éliminée de son corps). Presque immédiatement, Todd a commencé à mieux dormir et en trois mois, il a pu constater une réduction de son anxiété, une amélioration significative de son humeur, ainsi que la disparition de son besoin de cannabis, auquel il préfère désormais la Méditation Transcendantale pour gérer son stress. Quand Todd est retourné en classe quelques mois plus tard, il avait l’impression de détenir une arme secrète qui lui permettait de gérer les exigences académiques et la pression sociale de l’université mieux que la plupart de ses camarades. Il a également trouvé plus facile de faire des choix plus sains. Il réussit actuellement brillamment dans ses études et son développement de carrière.
Le cas de Todd n’est pas isolé. Un nombre grandissant d’adolescents et de jeunes adultes se tournent vers la méditation pour gérer leur stress ou pour travailler à leur croissance personnelle. Et quand les jeunes gens pratiquent la méditation, cela fonctionne. Au vu de l’état de santé mentale actuellement observé chez les adolescents et les étudiants d’université, l’adoption d’une pratique de méditation semble tout indiquée pour les aider à augmenter leur capacité de concentration et leur clarté mentale, à réduire leur sentiment d’anxiété et à se ressourcer en faisant l’expérience de la puissance et de la sérénité qui se trouvent au fond d’eux-mêmes.
— William R. Stixrud, Ph. D., est un neuropsychologue de renom, qui écrit sur le nombre grandissant d’études qui démontrent que les étudiants d’aujourd’hui font face à des niveaux de stress académiques inconnus des générations précédentes.
