Artiste talentueuse et engagée, Tara de Santis se confie sur son cheminement tout personnel, où la Méditation Transcendantale l’a accompagnée dans le déploiement de son potentiel. Dans ce fascinant récit en trois actes, nous découvririons le parcours singulier de Tara vers le dévoilement de sa créativité; les années de formation qui cristalliseront sa vocation et enfin; sa jeune, mais brillante carrière, où elle donne voix à ce qui l’habite, pour transformer des vies.
Remonter à la source de la créativité
J’ai baigné dans la Méditation Transcendantale depuis mon tout jeune âge, mes parents, ainsi que mon parrain pratiquant cette technique. J’ai appris les rudiments vers l’âge de 7 ans, puis la MT en tant que telle à 14 ans. Cependant, un peu par esprit de contradiction, je ne la pratiquais pas vraiment, même si mes parents m’y enjoignaient. Il m’a pourtant fallu me rendre à l’évidence que j’en avais besoin, à un moment de ma vie où je devais gérer un trouble de déficit de l’attention.
Je me souviens que j’avais de la difficulté à me concentrer à l’école, plus particulièrement dans les matières scientifiques, ou les mathématiques; mais quand venait le temps de raconter des histoires ou d’utiliser le langage et l’imagination, j’excellais. Finalement, j’ai été diagnostiquée à l’âge de 15 ans pour le TDAH (trouble de déficit de l’attention et hyperactivité). Mon médecin traitant m’a donc prescrit les médicaments habituels pour ce genre de problème, qui m’ont aidé à mieux fonctionner. Mais au bout de trois ans de traitement, ne supportant plus les effets secondaires des médicaments, j’ai décidé de m’adonner sérieusement à la Méditation Transcendantale, pour voir si cela pouvait m’aider à gérer mon stress, à améliorer mes relations, ou à avoir de meilleures notes en sport, etc.
Au début, je continuais de prendre les médicaments tout en m’asseyant chaque jour pour méditer. Mais il faut savoir que tous les médicaments qui sont prescrits pour le déficit de l’attention sont dérivés de la méthamphétamine et sont donc en fait très stimulants. Du fait de mon hyperactivité mentale, il m’était très difficile d’entendre mes propres pensées, et au début, il était donc impossible pour moi de rester assise 20 minutes pour méditer. Je vivais dans une sorte de dualité : je me levais le matin, je prenais un stimulant, puis j’allais méditer pour me détendre. C’était contradictoire.
J’en ai discuté avec mes parents, qui m’ont suggéré alors d’essayer d’arrêter de prendre le médicament pendant un mois, juste pour voir si cela facilitait la méditation. Je n’avais jamais sauté de prise de médicaments pour plus de deux jours en trois ans. Cela me semblait donc impossible de vivre sans eux, mais j’ai trouvé une motivation en pensant aux résultats possibles de la MT. Un ou deux jours après avoir arrêté les médicaments, j’ai senti que je méditais pour la première fois : je me suis sentie plonger au fond de moi au lieu de rester à la surface. J’ai senti mon système nerveux revenir peu à peu à la source. Et après que j’ai progressivement commencé à pouvoir méditer, j’ai observé des résultats immédiats. J’étais enfin capable d’entendre mes pensées, de réfléchir! C’est là où j’ai su que je voulais vivre cette expérience tous les jours. Après toutes ces années à vivre avec un cerveau qui roule constamment, c’était si agréable d’enfin pouvoir entendre le silence à l’intérieur de moi.
Je suis donc passée de la prise de médicaments à la pratique de la Méditation Transcendantale tous les jours, deux fois par jour. J’ai réalisé combien la MT était pour moi un bien meilleur outil pour gérer mon TDAH. Outre le fait que la pratique de la MT n’est accompagnée d’aucun effet secondaire, je me sentais plus énergique, mieux dans ma peau; je parvenais à mieux me concentrer à l’école et j’ai également noté une amélioration dans mes relations. Je n’ai plus regardé en arrière et depuis, je continue de pratiquer assidûment la MT.
Ce sujet me tient à cœur et je trouve qu’il est important d’en parler, afin que les gens sachent qu’il existe d’autres moyens que les médicaments pour gérer un TDAH.
Je connais tellement de gens qui souffrent des mêmes symptômes que moi, qu’ils aient été diagnostiqués ou non, et qui ne savent pas quoi faire. Chaque année, des millions d’enfants de par le monde sont diagnostiqués pour des troubles de déficit de l’attention, et se voient prescrire des stimulants dès le primaire! Au moment de mon propre diagnostic, à 15 ans, j’étais trop jeune pour avoir une réflexion sur la manière de gérer ce trouble. La seule solution qui semblait disponible était la prise de médicaments qui en fait, affectent énormément le système nerveux; de plus, les effets secondaires de ces substances n’avaient jamais été abordés lors de cette prise de décision. Ensuite, je n’ai pas bénéficié de beaucoup de suivi avec mon médecin, car il était très occupé. Ce n’a pas été une expérience très positive. Quand j’ai arrêté de prendre les médicaments, je suis allée voir mon médecin pour lui expliquer la situation et lui dire comment la MT m’aidait à remédier à mes symptômes de déficit d’attention, mais il ne s’y est pas vraiment intéressé. Je pense que c’est un peu la même chose pour tout le monde et les jeunes ne se voient pas offrir de moyens moins intrusifs et plus durables, comme la MT, pour traiter leur problème. Or, cela a des effets à long terme sur leur système nerveux.
Dr Fred Travis, directeur duCenter for Brain, Consciousness, and Cognition (Centre de recherche sur le cerveau, la cognition et la conscience), et l’un des professeurs à l’université MIU, où j’ai étudié, m’a expliqué que le TDAH représentait en fait simplement un retard dans le développement du cortex préfrontal; le cortex préfrontal étant la partie du cerveau qui régit l’organisation et la prise de décisions. Cela signifie qu’un jeune de 15 ans par exemple, qui souffre de TDAH aura peut-être trois ans de retard quant à ses capacités organisationnelles et décisionnelles, comparé à d’autres enfants du même âge. Il ne s’agit donc pas d’un handicap, mais d’une façon différente pour le cerveau de se développer. D’ailleurs, il est intéressant de mentionner ici les recherches effectuées par la fondation David Lynch*, dont la mission est entre autres, d’introduire la MT dans des écoles de communautés défavorisées, puis d’évaluer l’effet de la MT sur les enfants. Il s’est avéré que l’apprentissage de la MT entraîne une amélioration considérable du comportement des jeunes, qui expriment moins de violence, et font preuve de plus de patience après avoir commencé à pratiquer la MT. C’est pourquoi je suis convaincue que la MT constitue un outil exceptionnel, en particulier pour les gens souffrant de TDAH.
C’est une méthode que je recommande vivement aux hyperactifs et aux créatifs, qui se tournent souvent vers d’autres moyens, moins durables, voire nocifs, pour « apprivoiser » cette créativité. Pendant des années, ils cherchent de l’aide dans l’exercice, les drogues ou l’alcool, dans leurs relations, ou bien sûr, dans la prise de médicaments pour remédier à leur situation. Pourtant, ils pourraient soulager leurs symptômes en douceur et sans effort avec la Méditation Transcendantale, et se rendre compte que le TDAH leur confère aussi un atout, qui est celui d’avoir une perspective différente sur les choses et le monde.
Plus jeune, mon déficit d’attention était une difficulté à laquelle j’étais confrontée en tout temps, mais j’ai découvert qu’il s’agissait en fait d’une créativité immense qui ne parvenait pas à s’exprimer convenablement, ce qui finissait par créer une pression intérieure. Grâce à la MT, j’ai finalement trouvé le moyen de canaliser toute l’énergie mentale et créative que j’avais en moi. La Méditation Transcendantale constitue à mes yeux un moyen beaucoup plus sain et durable de gérer le TDAH, et je ne me verrais pas passer une journée sans avoir une séance de méditation. En ce sens, la MT m’a sauvé la vie, ou du moins, l’a rendue bien meilleure.
*Basée à New York, la Fondation David Lynch est une organisation caritative lancée en 2005 par le célèbre cinéaste américain (Twin Peaks, Elephant Man, Mulholland Drive…). La Fondation apporte la technique de Méditation Transcendantale aux victimes du stress traumatique dans 35 pays : jeunes en rupture, femmes victimes de violence, détenus, sans-abri ou vétérans de guerre. Elle a déjà aidé plus d’un demi-million de personnes à retrouver équilibre, joie et raison de vivre. [Texte du Fonds David Lynch France]
